Editorial 4M7 de décembre 2015

Entre utopies et complot

Il y a, chez Philippe Van Parijs, du Janus. Il y a chez lui à la fois l’accoucheur de mondes meilleurs et l’apprenti sorcier dogmatique qui suscite le noir désespoir.

Voici 500 ans, Thomas More publiait à Louvain (disait-on déjà Leuven à cette époque ?) son petit livre « L’utopie ». Pour célébrer cet anniversaire, l’Université catholique de Louvain (-la-Neuve) a demandé à Philippe Van Parijs de faire de 2016 une « Année d’utopies pour le temps présent », à savoir d’organiser des événements qui invitent la communauté universitaire à sortir des sentiers battus. Il lui faut, a-t-il expliqué dans un entretien accordé à Guy Duplat de La Libre Belgique (*), « oser imaginer un monde meilleur, contribuer à le faire advenir et équiper nos étudiants pour qu’ils puissent eux aussi y oeuvrer ».

Cette initiative est à saluer, tout comme doit l’être la désignation comme « Monsieur Loyal » de l’économiste et philosophe Philippe Van Parijs qui, ainsi que le rappelle le journal, a été à l’origine de nombreux combats utopiques ces dernières années. Nous en retiendrons deux ici, afin de bien faire percevoir les deux faces du Janus…

D’abord, il y a son combat persévérant en faveur de l’allocation universelle, que d’aucuns appellent le revenu de citoyenneté. « Cette idée m’est venue en 1982 », a-t-il déclaré au journal. Vraiment ? Van Parijs serait-il donc l’inventeur de cette belle utopie, comme La Libre le laisse à entendre ? Pas du tout ! N’y voyez toutefois pas une intention maligne du professeur de tromper son monde, mais seulement un exemple très parlant de la décadence d’une presse écrite (et pas qu’elle, d’ailleurs…) condamnée à la superficialité au nom d’une rentabilité de plus en plus illusoire. La phrase qui suit immédiatement en atteste jusqu’à un point qui frise le grotesque puisque Van Parijs discerne la première référence à l’allocation universelle en Belgique dans un « document non signé, rédigé en flamand et confisqué par la police dans les Marolles en 1948, quelques jours après l’expulsion de Marx hors de Bruxelles ». Marx expulsé en 1948, le pauvre : avoir à subir une deuxième expulsion cent ans après la première, il n’y a pas à dire, le sieur Franken a eu des prédécesseurs beaucoup plus impitoyables que lui encore…

Non, Philippe Van Parijs est un lettré qui sait fort bien d’où vient l’idée d’allocation universelle, cette utopie née lors de la Révolution française. Même s’il occulte totalement l’apport d’Alexandre Marc et des personnalistes intégraux de France au cours de l’entre-deux guerres, la conférence qu’il a donnée à Montpellier au début de l’année – et qui est visible intégralement sur Youtube dans le coin « Agora des savoirs » – montre bien l’immense actualité de cette idée à l’heure où le système de la solidarité fondée sur le travail arrive à ses limites et où les réflexes égoïstes redeviennent une règle potentiellement mortifère.

Le problème avec Philippe Van Parijs, c’est qu’il est travaillé par une autre utopie, nettement contestable celle-ci. Dans son entretien avec Guy Duplat comme à Montpellier, il rompt une nouvelle lance, en effet, en faveur de l’établissement de l’anglais comme lingua franca, comme langue commune au sein de l’Union européenne. C’est, assène-t-il, une « condition indispensable pour créer un démos européen ». Comment un homme aussi intelligent peut-il soutenir une thèse pareille ?

Il convient d’abord de lui signaler que son idée pourrait presque apparaître pittoresque aujourd’hui, alors que les possibilités de voir les Britanniques quitter le navire européen grandissent. Il resterait bien sûr les Irlandais – et peut-être, un jour ou l’autre, les Ecossais – mais rien, vraiment rien, au strict plan européen, ne justifierait que leur idiome soit davantage privilégié que le croate, le basque ou le… néerlandais !

Il faut ensuite lui rappeler un fait d’histoire. Eté 1952 : la Haute Autorité – la Commission d’aujourd’hui – de la première Communauté européenne, celle du charbon et de l’acier, s’installe à Luxembourg. Son vice-président belge, Albert Coppé, un flamand de Bruges – mais c’était un temps où l’élite de la partie nord de ce pays parlait parfois beaucoup mieux le français que certains francophones d’aujourd’hui… – adresse sa première note au président Monnet en néerlandais. Il revendique ainsi d’emblée que le néerlandais devienne, tout comme l’italien, une langue officielle de la Communauté. Son combat n’a pas été vain : sans doute lui doit-on peu ou prou, aujourd’hui, le fait que toutes les langues nationales des Vingt-huit soient reconnues comme langues officielles de l’Union. Ce n’est pas anodin car c’est ce qui différencie radicalement l’Union européenne des organisations internationales. Dans l’Union, un citoyen slovène peut s’adresser à une institution européenne dans sa langue, et il lui sera obligatoirement répondu dans sa langue ! Ce n’est pas le cas dans les organisations internationales classiques, par exemple aux Nations Unies où seules six langues officielles prévalent. Donc, la citoyenneté européenne est sexuée linguistiquement ; suivre Van Parijs reviendrait à l’émasculer !

Dans l’Union des Vingt-huit, l’anglais est la lingua franca des élites politico-administratives. C’est par ce biais linguistique que cette élite a « appris » à se parler – se comprendre, c’est autre chose. Dont acte. Mais les citoyens ne sont pas fatalement les élites et n’ont pas tous vocation à le devenir. L’objectif de Jean Monnet, Van Parijs devrait s’en souvenir, n’était pas de coaliser des Etats, mais bien d’unir des peuples. Or, on n’attrape pas plus des mouches avec du vinaigre, la sagesse populaire le dit, qu’on n’attrapera les citoyens avec le seul anglais qui, que Van Parijs le veuille ou non, reste un corps étranger dans la culture de beaucoup de citoyens européens. A vouloir aveuglément l’imposer, les institutions, Commission en tête, ne commettent pas seulement une erreur coupable par rapport aux visées humanistes du projet européen, elles commettent une faute ! Van Parijs aussi.

Mais s’agit-il vraiment d’une erreur coupable et/ou d’une faute ? Ne s’agit-il pas plutôt du fruit d’un complot, en tout cas d’une stratégie mûrement réfléchie dans le monde anglo-saxon ? Ainsi, certains veulent que président américain Eisenhower aurait, dans les années 1950, voulu que la suprématie politico-économique des Etats-Unis dans le monde soit consolidée par une offensive culturelle et, partant, linguistique afin de devenir durable. Stratégie incontestablement payante : la culture hollywoodienne triomphe sur tous nos écrans et jusque dans certaines assiettes, grâce à la McDonaldisation. De la sorte, la culture américaine a fait le lit du triomphe de l’anglais dans le monde de l’économie, de la finance, des multinationales et, même, des sciences. Aujourd’hui, un universitaire qui ne publie pas en anglais est voué à l’anonymat, hormis rares exceptions.

Revenons à l’histoire. Université de Harvard, le 6 septembre 1943. Ce jour-là, Winston Churchill reçoit un diplôme d’honneur et prononce un discours. Que dit-il ? Que l’anglais, cette langue commune qui a été donnée aux Britanniques et aux Américains, est « un héritage commun sans prix » et qu’il se pourrait bien que cette langue « devienne un jour la base d’une cité commune ». Simple propos de circonstance ? Non, véritable projet politique : « Je ne vois pas, ajoute Churchill, pourquoi nous ne tenterions pas d’étendre notre langue plus loin encore à travers le monde, ni pourquoi, sans chercher des avantages égoïstes sur autrui, nous ne profiterions pas de cette précieuse amitié et de cet héritage ». On est là dans le registre d’une « qualité » reconnue bien volontiers aux Anglais, la perfidie, puisque Churchill ajoute aussitôt qu’Américains et Britanniques devraient étendre l’usage de l’anglais afin qu’ils puissent, lors de leurs voyages dans le monde, « trouver partout un moyen, aussi primitif soit-il, d’expression et d’entente », ce qui, pour le Premier ministre britannique de l’époque, permettrait aussi de « profiter à bien d’autres races et favoriser le développement d’une structure nouvelle pour le maintien de la paix ». Et Winston Churchill de conclure que « de tels projets assurent des conquêtes plus heureuses que celles que moissonnent les voleurs de territoires ou de pays étrangers, les oppresseurs et les exploiteurs », le tout étant ponctué par un vibrant : « Les empires de l’avenir sont des empires de l’esprit » !

 

Alors, la question s’impose : l’Europe n’est-elle pas devenue, victime consentante ou, à tout le moins, coupablement ignorante, une partie de cet « empire de l’esprit » ? Et Philippe Van Parijs, qui dirige la Chaire Hoover à l’Université catholique de Louvain, n’est-il pas un… agent contemporain zélé de ce conditionnement de l’Europe et du monde ? Est-il, à ce titre, l’un de ceux chargés de concrétiser la « prophétie » d’un proche conseiller de Tony Blair, Charles Grant, qui avait annoncé au début des années 2000 dans un opuscule intitulé « L’avenir de l’UE : une vision optimiste », le triomphe absolu de la langue anglaise au sein du monde des institutions européennes et assuré que celle-ci serait très vite reconnue langue unique de travail et de communication de l’Union ?

Peut-il y avoir de fumée sans feu ? Peut-être. Que Van Parijs se souvienne toutefois qu’aux assises, des prévenus se voient parfois condamnés sur la base d’un faisceau de présomptions…

Michel Theys

(*) La Libre Belgique du samedi 3 et dimanche 4 octobre 2015, pp. 58/59.

 

Bruxelles outragée !

Qui ne se souvient de cette tirade du général de Gaulle, le 25 août 1944, à l’hôtel de ville de Paris quelques heures après la Libération ? Rappelez-vous, il y parlait de « Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé » …

Il en va aujourd’hui de même pour Bruxelles, ville et région aujourd’hui « outragée, brisée, martyrisée » sur le plan linguistique. Au fil de ce numéro de 4 Millions 7, vous trouverez des photos montrant combien certains défigurent de nos jours notre métropole francophone et la sacrifient sur l’autel du mercantilisme bâtard et mâtiné de volapuk !

 

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Editorial de septembre 2015 et 4M7 de mai 2015

1. Editorial de septembre 2015

L’assemblée générale de la Ligue francophone et wallonne de la région de Bruxelles (LFWRB) de juin dernier a été un réel succès. Le conseil d’administration s’est étoffé de nouveaux membres, les comptes – très bien tenus par notre trésorière Françoise Hector – ont été approuvés à l’unanimité des membres présents et représentés. Il en a été de même pour le rapport d’activités et le budget du nouvel exercice. En bref, l’ensemble des dispositions à prendre ont fait l’objet d’un consensus.

Les échanges de vues qui ont suivi la partie légale et statutaire de la réunion ont porté essentiellement non pas sur l’actualité immédiate mais sur des situations qui perdurent sans pour autant être dénoncées par les Francophones. Sans être exhaustifs, citons à titre d’exemples les accords entre l’UCL et la KUL au détriment de Charleroi, les déséquilibres linguistiques à l’armée et dans les greffes et tribunaux, l’enseignement par immersion et la présence de l’anglais dans divers services régionaux bruxellois, et en particulier à la STIB. Le président de Wallonie Libre, nous ayant honoré de sa présence, a exposé ses ambitions pour ce mouvement qui souhaite une ligne de conduite pour les Wallons. Notre Ligue entend bien lui apporter sa pleine collaboration.

La défense des Wallons et de l’ensemble des Francophones reste plus que jamais d’actualité. En effet, ce n’est pas parce que le mouvement flamand se fait discret par les temps qui courent qu’il n’agit pas de façon sournoise. La période actuelle n’est rien d’autre que le calme avant la tempête. Personne ne peut plus ignorer que ledit mouvement n’arrêtera ses manoeuvres qu’une fois obtenue l’indépendance de la Flandre, avec Bruxelles comme capitale ! Pour le tenir en échec, la solidarité entre nos deux Régions est plus que jamais nécessaire.

Dans divers milieux, la septième réforme de l’Etat est de plus en plus évoquée. Il importera de veiller à ce que, à l’occasion de celle-ci, des matières aussi importantes que la culture et l’enseignement ne soient pas scindées et transférées aux Régions. Il n’en résulterait qu’un éloignement de celles-ci, accompagné d’une tragique rupture de solidarité. La Ligue ne manquera pas de dénoncer avec la virulence qui s’impose toutes velléités à cet égard. Nos deux Régions ont besoin l’une de l’autre comme les humains de pain et d’eau !

Rappelons aussi que toute régionalisation des matières précitées nécessiterait l’accord du monde politique flamand, lequel ne manquerait pas d’exiger des contreparties car en politique, tout se paie. La conséquence la plus prévisible d’une telle décision serait la généralisation forcée de l’enseignement bilingue à Bruxelles en vue d’une flamandisation progressive des jeunes générations. Si l’on se réfère au message repris dans l’excellent article de notre ami Jean-François Goosse « Francophonie et latinité » que vous trouverez dans ce numéro, leur avenir est ailleurs.

Comme cela a été souligné lors de l’assemblée générale du mois de juin, nous vous rappelons que les colonnes de 4 Millions 7 vous sont ouvertes et que ce journal est un lieu de débats et d’échanges d’idées. Si le conseil d’administration s’est récemment renforcé, celui-ci reste bien entendu ouvert à toutes les bonnes volontés désireuses de le rejoindre. Elles seront toujours les bienvenues !

Jean-Luc ROBERT

 

2. 4M7 de mai 2015

 

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NOUVELLE ADRESSE DE CONTACT!

 

LFrWRB@gmail.com

 

 

 

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Editorial mai 2015 et 4M7 décembre 2014

 

 

Éditorial

 

Les Francophones tireront-ils des leçons de l’histoire récente ?

 

Raymond Queneau avait clairement raison lorsqu’il qualifiait l’histoire de science du malheur des hommes. Ceux-ci sont-ils capables d’en tirer la moindre des leçons ? Non ! Nulle nécessité de remonter loin dans le temps pour illustrer cette assertion : notre histoire récente le démontre à suffisance…

 

Inutile de remonter loin dans le temps. Revenons seulement en 1999, année funeste pour les Francophones. Début mars de cette année-là, on parle davantage, dans nos médias, de poulets et de dioxine que de communautaire. Un vote du Parlement flamand va cependant, pour longtemps, changer la donne. Le 3 mars, l’assemblée flamande approuve cinq résolutions reprenant les grandes lignes d’une future réforme de l’Etat. L’unanimité n’est point atteinte. Le député UF, Christian Van Eycken, vote contre et les verts flamands préfèrent s’abstenir. Quelques parlementaires – pas très nombreux, faut-il le souligner – marquent des réticences par rapport à certains articles portant atteinte à la solidarité interpersonnelle…

 

Ce jour de vote clôturait « en beauté » un travail long de trois années de discussions. En d’autres mots, 33 séances d’auditions de tout ce que la Flandre comptait de forces vives, sociales, économiques, administratives et politiques ; 155 experts entendus lors de 80 à 90 réunions de commissions. Du jamais vu dans aucune assemblée parlementaire francophone !

 

Ce programme institutionnel se révéla, à la lecture, pour le moins décoiffant. Soins de santé, allocations familiales, politique de l’emploi, politique scientifique, télécoms, mobilité, rail, économie, énergie, politique agricole, commerce extérieur, impôt des personnes physiques, soit autant de domaines où, en vertu du principe de subsidiarité, le fédéral ne devait plus s’occuper que de ce que les Communautés et Régions ne peuvent gérer elles-mêmes… Un vrai plan de bataille pour une Belgique confédérale articulée autour de deux Etats : l’un flamand et l’autre wallon.

 

Si le vote du Parlement flamand eut un retentissement considérable en Flandre, il n’est pas certain en revanche que les Francophones en perçurent la portée réelle. Ces derniers balayèrent d’un revers de la main cette copie à relents confédéralistes, oeuvre d’un parlement régional qui outrepassait ses compétences. Les Parlements de la Communauté française comme de la Région wallonne ont certes répondu par une fin de non-recevoir sous la forme de deux brèves résolutions, pas plus longues qu’une feuille DIN A4 et adoptées, sans aucun débat, à l’unanimité. De Bruxelles, le silence radio prévalut. La stratégie était simple, il suffirait de dire non !

 

Après 541 jours de crise en 2010 et 2011, les discussions en vue d’une sixième réforme de l’Etat débutèrent. Les Francophones ne

présentèrent qu’une seule revendication en contrepartie de la demande de scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, à savoir l’élargissement de Bruxelles. Elle fut d’emblée repoussée avec dédain et déclarée « onbespreekbaar ». Les Wallons et les Bruxellois furent contraints de naviguer à vue, sans aucune feuille de route. Rapidement, les observateurs perçurent les faiblesses de la stratégie. En 2011, l’hebdomadaire Le Vif titrait tardivement « 1999, l’an I de l’aveuglement francophone » !

 

La sixième réforme de l’Etat voit une partie significative des exigences flamandes gravées dans le marbre constitutionnel. Consolation pour les Francophones, le refinancement de la Région bruxelloise est un fait acquis. L’avenir dira cependant si celui-ci ne sera pas trop entamé par la gestion des nouvelles compétences…

Au gouvernement dit « papillon » succède la coalition dite « suédoise » dans laquelle les Francophones sont représentés par le seul MR. Tous les partis flamands de la majorité jurent la main sur le coeur que pendant cette législature, il n’y aura pas de nouvelle réforme de l’Etat. Comme ils doivent mettre en oeuvre le transfert des compétences héritées de la sixième réforme, on veut bien à la limite les croire. Mais quid d’un futur pas si lointain que cela ? L’engagement flamand de ne plus réformer l’Etat ne vaut que pour cette législature-ci. On ne parle pas de la suivante et tout porte à croire que les partis flamands, N-VA en tête, ne s’arrêteront en si bon chemin.

Le récent exercice budgétaire qui transfère la charge d’économies à réaliser du fédéral vers les Régions ne suscite aucun optimisme. Entièrement revue lors de la sixième réforme de l’Etat, la loi spéciale de financement des Communautés et Régions est à tout le moins explosive. Contrairement aux dires de l’ancien Premier ministre Elio Di Rupo qui se targuait d’avoir stabilisé le pays, celui-ci n’a jamais été aussi instable. Des divergences d’interprétation subsistent quant à la méthode de calcul des dotations, alimentées à concurrence d’un quart du rendement de l’impôt des personnes physiques. D’où les conflits opposant Paul Magnette à Charles Michel, le monde politique flamand étant au balcon pour compter les coups. Les déclarations à répétition de leaders de la N-VA nous permettent déjà d’entrevoir la prochaine revendication flamande, à savoir une complète autonomie fiscale…

Les Francophones ne doivent plus répéter les erreurs du passé : ils doivent se préparer à l’étape suivante. Les invectives ne passionnent pas la population qui est en droit d’attendre autre chose de ses élus. On sait désormais d’expérience qu’une crise de 541 jours n’effraye pas les partis flamands. Or, on ne peut tolérer une inactivité gouvernementale d’une telle durée, les conséquences étant trop lourdes à supporter. Il est temps pour les partis qui nous représentent d’élaborer ensemble une stratégie forte, comme les Flamands l’ont fait en 1999. L’histoire ne se répète pas toujours, elle bégaie, mais encore faut-il tirer les leçons du passé !

 

Jean-Luc Robert

Membre du conseil d’administration

LFWRB

4M7 décembre 2014:

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SIGNER LE MANIFESTE

LIRE ET SIGNER LE MANIFESTE

Accéder au manifeste (format pdf) par un click sur ce lien:

20140911081352492

Pour signer: mailto:jeanluc.robert@telenet.be

Pour des informations: jeanluc.robert@telenet.be

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Activités passées:

Dimanche 29 mars à 12h30 à la moule sacrée.

Au menu: kir royal, moules marinières ou pavé de bœuf sauce archiduc, tiramisu. Vin, eau, café compris pour le prix de 25 euros.

Le paiement sur le compte BE62 1450 5390 3161 vaut réservation.

N’oubliez pas d’indiquer votre choix concernant le plat de résistance dans la communication.

 

Déjeuner-débat (du 26/02/2015)

Le jeudi 26 février à 12h30, la Ligue francophone et wallonne de la région de Bruxelles et l’association Bruxelles Métropole francophone organisent un déjeuner-débat au cours au cours duquel monsieur François van Hoobrouck, ancien bourgmestre de Wezembeek-Oppem, s’exprimera sur le thème « Comment se passe la vie politique en périphérie bruxelloise ? »
L’événement aura lieu au restaurant « Il Vecchio Mulino », au n° 10 de la rue Jourdan, dans le quartier de la Porte Louise.
Participation : 20 € (apéritif, entrée, plat, une boisson).
Réservation obligatoire avant le 23 février chez Jacques Bourgaux (Tél. : 02 5441199 – télécopieur : 02 5441067 – Courriel : bourgaux.avocats@skynet.be)
Nombre de places limitées !

 

Le REPAS AUX MOULES, de l’automne2014

… à la moule sacrée , 11 rue des chapeliers à 1000 Bruxelles.

Le menu est composé d’un apéritif kir royal , moules marinières ou pavé de bœuf sauce béarnaise , tranche milanaise en dessert .

Le prix est de 25 € eau, vin , café compris.

Le paiement vaut réservation .

Le numéro de compte est BE62 1450 5390 3161 .Le paiement vaut réservation.

Il faut mentionner son choix pour le plat principal.

On peut confirmer par courriel jeanluc.robert@telenet.be ou au numéro de téléphone : 02/734.46.16

 

 

 

JEUDI  12 JUIN 2014, à 19h30

ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE  de la  LIGUE

Maison de la Francité

18, rue Joseph II, 1000 Bruxelles

( près de la station de métro Arts-Loi )

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CORDIALE INVITATION à TOUS les MEMBRES.

 

Résumé de l’Ordre du Jour

 

a) Élection de nouveaux « membres effectifs » 

b) Présentation des comptes de l’année 2013 (Françoise Hector, trésorière)

c) Présentation du budget de l’année 2014 (Françoise Hector/ Guy Massenaux)

d) Rapport de l’ancienne présidente de la Ligue wallonne (Marie-Claire Daloze)

e) Allocution du président f.f. de la LFWRB (Guy Massenaux)

f) une INITIATIVE, patronnée par la Ligue : APPEL aux habitants de Bruxelles,

( Charles-Étienne Lagasse )

g) DISCUSSION  GÉNÉRALE

h) Élection d’un NOUVEAU Conseil d’Administration.

 

V I N  D’ H O N N E U R

(fin de la réunion : au plus tard à 23h00)

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 Venez nombreux, le 12 juin.

Ainsi, vous nous aiderez à mettre nos ambitions au service de TOUS les

francophones de Bruxelles et de sa périphérie.

N.B. Pour des raisons d’organisation, veuillez nous confirmer votre venue

AVANT le 8 juin, en contactant Guy Massenaux, à son adresse ou par courriel.

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Editorial mars 2014

 

         Une étrange euphorie semble s’être emparée de nos dirigeants francophones : ils ont acheté un nouveau sursis en consentant à la sixième réforme de l’État, et notre situation économique est, paraît-il, meilleure que celle des pays voisins.

         Ces illusions dangereuses doivent être dissipées

         Illusion économique d’abord, car les indicateurs brandis à tour de bras sont des moyennes se rapportant au Royaume. Nos gouvernants se gardent bien d’afficher les résultats des Régions wallonne et bruxelloise qui devraient leur importer en premier lieu, puisque c’est là-dessus qu’ils auront des comptes à rendre en mai : avec un taux de chômage de plus de 14% en Wallonie et de plus de 20% à Bruxelles, notre situation n’est pas meilleure que celle des régions et pays voisins. Au contraire, elle est pire !

         Illusion quant à la réforme de l’État, (qu’ils disent n’avoir pas voulue et dont les citoyens francophones peinent à en percevoir l’intérêt). Son financement, qui n’est pas assuré au-delà de la période transitoire de dix ans, menace déjà les politiques de santé et de bien-être de nos Régions. En effet, seuls 85% des moyens qui y étaient affectés seront transférés : l’État fédéral réalise ainsi de manière sournoise et asociale une partie de son programme d’assainissement budgétaire.

         La scission de l’arrondissement électoral de B.H.V. a été concédée sans élargissement de la Région bruxelloise, malgré l’engagement unanime des partis francophones. D’autre part, l’exercice de la démocratie et des droits linguistiques de la majorité dans les six communes « à facilités » reste suspendu à des procédures juridictionnelles dont l’issue est aléatoire. Quant à la réforme de l’arrondissement judiciaire, elle se solde finalement par des cadres linguistiques défavorables aux magistrats et personnels francophones. Enfin, l’inanité de la communauté métropolitaine, –dont on se demande d’ailleurs si elle sera jamais installée–, est démontrée par le projet d’élargissement du périphérique (« ring »), décidé sans véritable concertation par le gouvernement flamand.

Tout est « communautaire »

         L’apaisement vanté est-il au rendez-vous ? Et surtout, durera-t-il ? L’expérience apprend qu’après chaque dévolution de compétences aux Régions et Communautés, le contentieux entre les deux nationalités qui composent la Belgique se déplace en se concentrant sur les enjeux restés fédéraux. La flamandisation du corps des officiers généraux, l’intégration à marche forcée de l’armée dans celle des Pays-Bas, le dossier du remplacement des avions de combat et la menace sur la base aérienne de Florennes en sont une indication, malgré le récent sursaut des députés francophones qui ont imposé une visite de la Commission de la Défense de la Chambre à sa consœur de l’Assemblée nationale de Paris.

         Les désaccords entre Flamands et Wallons sur la politique extérieure ont, il est vrai, plus d’un siècle. Dans un contexte certes différent, Jules DESTRÉE interpellait déjà en février 1913 sur la dangereuse exposition de la Wallonie à l’invasion (1). Les récentes interventions de la N-VA contre la participation de la Belgique à l’Organisation Internationale de la Francophonie et un éventuel soutien à l’opération militaire en Centrafrique sonnent à nos oreilles comme l’écho jamais affaibli du « Los van Frankrijk » vociféré dans les années ’20 et ’30.

La montée des périls

         En désignant d’emblée comme son adversaire principal un parti qui n’est pas son concurrent électoral, Bart de Wever annonce la couleur : dans un pays qui juxtapose deux sociétés distinctes, il s’agira d’imposer, sans état d’âme, le modèle néolibéral qui a la faveur du peuple le plus nombreux, sous la menace d’un « confédéralisme » qui conduit à la dislocation de l’État. Les faibles protestations émises lorsque la N-VA a dévoilé son programme institutionnel ne doivent pas faire illusion : les partis traditionnels flamands ne lui opposeront aucune résistance sérieuse.

         Au contraire, Stefaan de Clercq (CD&V) exprime sa nostalgie du cartel avec la N-VA, la nationalisme, dit-il, faisant partie de l’ADN (sic) des démocrates-chrétiens (flamands). D’autres assurent que « cette fois » il faut un gouvernement fédéral qui s’appuie sur une majorité flamande à la Chambre, avec un Premier Ministre flamand, même si personne ne paraît candidat. Or, les sondages indiquent un renforcement de la NV-A par rapport aux élections législatives de 2010, (elle passerait de 28 à 32%). D’ailleurs, l’opinion flamande approuve ses positions sur la scission de la Sécurité Sociale ainsi que sur la mise sous tutelle de Bruxelles, dont les habitants seraient sommés de choisir entre deux nationalités, la flamande ou la francophone. Ce dernier point peut étonner : il s’agit d’un simple rappel du programme constant du mouvement flamand et la justification principale de la préférence donnée au confédéralisme sur l’indépendance (de la Flandre) : il faut imaginer un montage institutionnel qui permette à la Flandre de ne pas lâcher Bruxelles.

         Dès lors que la date des élections régionales et fédérales coïncide cette fois, et que la formation du gouvernement flamand (probablement sur le modèle N-VA, CD&V, Open VLD) précèdera probablement celle du gouvernement fédéral, une nouvelle crise majeure du régime est prévisible… Entre temps, certains anciens « demandeurs de rien » ont découvert quelque chose à revendiquer : la création par l’État fédéral d’un nouveau réseau d’enseignement bilingue à Bruxelles. Les auteurs de cette proposition farfelue semblent avoir choisi pour modèle des relations entre francophones et Flamands la définition étrange de l’amour, formulée naguère par Jacques LACAN : « donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »…

Conclusions

         Face à une consolidation à la hausse de la NV-A en Flandre, dans le Sud, la dispersion des intentions de vote des francophones, l’affaiblissement du Parti socialiste et la montée en force de partis radicaux, tant à gauche qu’à droite, montrent le désarroi profond d’une opinion publique qui n’est pas dupe de l’optimisme affiché par les princes qui nous gouvernent.

         « Jusqu’ici tout va bien » se dit le fou tombé par la fenêtre, qui voit défiler les étages… Bien fou, en effet, celui qui croit que la Flandre continuera à accepter des transferts financiers de 3,5 milliards d’Euros par an, en même temps qu’un modèle d’État social qui n’est pas le sien…

         Bien fou aussi, celui qui croit que la Wallonie autonome pourrait s’en sortir seule : quels que soient les mérites des plans MARSHALL ou autres qu’elle a concoctés, le rythme de son redressement n’est pas accordé à celui des impatiences flamandes.

         Bien fou encore, celui qui croit que Bruxelles, enclavée et sans profondeur stratégique, pourrait réduire sa fracture sociale et répondre au défi démographique, en matière d’enseignement, d’emploi et de logement, dans le cadre illusoire d’un statut de « Ville Libre » ou de capitale européenne, tout en préservant son autonomie et son identité culturelle française.

         Qui, dans le microcosme politico-médiatique, tiendra enfin un discours de vérité, sans précautions ni faux-semblants ?

         Il n’est pas d’autre avenir que dans une union étroite entre la Région de Bruxelles (élargie aux communes de la périphérie où les francophones sont majoritaires) et la Wallonie, sous la forme d’un État commun, largement régionalisé pour respecter la personnalité de ses composantes, et qui sera libre de développer et d’approfondir ses liens naturels avec la France.

(1) Paul Delforge, la Wallonie et la Première Guerre Mondiale, Institut Destrée, Namur, 2008, page7.

SOMMAIRE

(pour le contenu, nous consulter)

POLITIQUE

Crèches en danger, SOS crèches ?

Alain MAHIAT

Les francophones de Flandre privés de représentant à la Commission Nationale du Pacte Culturel

Europe, francophonie, Bruxelles

Résumé établi sur base de notes de J-F. GOOSSE

Un ring élargi, une décision rétrograde (suite)

Source : Diagnostic. Décembre 2013

CULTURE & LITTÉRATURE

Avril 1814. Abdication de Napoléon

Lu pour vous :

Au gré du jour, au gré du vent…

Journal 2011-2012 de France BASTIA

MAROUCHA

                                             Dans ce numéro,

                                       le supplément

                            France Wallonie-Bruxelles

                                  mars 2014.

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