4M7-éditorial-déc-2020

Solidarité sans réserve avec la République française suite aux récents attentats djihadistes

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi » proclame déjà l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de… 1789. Ce texte fondateur a été intégré dans l’actuelle Constitution française et complété par les deux nouveaux paragraphes suivants « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer libre- ment, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas prévus par la loi «.

Aujourd’hui, en France et ailleurs dans le monde dont en Belgique, c’est cette liberté d’expression qui est attaquée comme jamais depuis la fi n de la seconde guerre mondiale par des groupes d’individus ou des personnes isolées ayant épousé au nom de leur religion un islamisme politique d’orientation salafiste (« salafi » renvoie aux « prédécesseurs », « aux pieux ancêtres » une communauté inspirée des premiers musulmans des 6e, 7e et 8e siècles après Jésus-Christ).

Depuis ces vingt dernières années, il y a eu en France, aux USA et en Belgique principale- ment, au moins 10 attentats significatifs avec des pertes humaines importantes commises au nom de l’islam : 11 septembre aux USA, Charlie Hebdo, Hyper Casher et Bataclan à Paris, Musée juif, métro Maelbeek et aéroport de Zaventem à Bruxelles et en Flandre, le « fauchage » de dizaines de promeneurs à la promenade des Anglais à Nice. Plus récemment, avec moins de victimes mais de manière plus sauvage, l’attaque au hachoir avec décapitation du professeur Samuel Paty à Conflans (France) le 29 octobre 2020 ; l’agression au couteau dans la basilique de Nice et encore plus récemment en Autriche à Vienne le 2 novembre 2020, cinq civils assassinés et vingt-deux blessés. Attentats marqués par la même folie meurtrière intégriste d’individus n’acceptant pas les valeurs démocratiques de pluralisme, de liberté et de tolérance ; valeurs basées sur l’égalité, la mixité et enfin, la laïcité telle que revendiquée par la République française (au sens le plus large à savoir la volonté de séparer totalement l’État des religions, affaire privée des individus). Ces valeurs ne sont pas propres à l’Europe ni à l’occident, mais elles sont universelles.

L’assassinat de Samuel Paty, comme d’autres attentats récents, a pour particularité que l’auteur Abdoullak Anzorov ne revendique aucune appartenance à une organisation djihadiste transnationale, donc ni à Al Qaida, ni à État islamique. L’assassin n’a pas agi en vertu d’un « ordre » venu de l’extérieur mais évoluait en France dans des milieux islamistes, paraissant de plus en plus sensibles à l’idéologie diffusée par des imams dans des mosquées acquises à la vision radicale de l’islam avec refus assumé des sociétés occidentales.

Bien sûr, tout cela ne concerne qu’une minorité de musulmans de nos pays et même ceux qui sont tentés par un islam conservateur ou réactionnaire ne sont pas, bien évidemment, candidats à des actes de violence extrême voire de suicide spectaculaire avec la volonté de tuer un maximum de personnes innocentes.

Il reste que les entrepreneurs islamistes ont réussi à développer des causes émotionnelles (proscription des caricatures et de prétendus blasphèmes) et des archaïsmes (la nécessité absolue pour les jeunes filles et les femmes de se distinguer publiquement dans l’espace public par un habillement «décent» voire de porter le voile, la remise en cause de la mixité dans les classes du secondaire, le refus d’accepter des évidences scientifiques en biologie, l’imposition dans les cantines scolaires de repas halal etc…), qui élargissent leur influence auprès d’une partie des croyants, qui, pourtant, ne se reconnaissent pas nécessairement dans leur idéologie.

Et nous, c’est-à-dire « les autres », que faisons- nous pour contrer cette tendance au repli communautaire sur des bases religieuses ? Notre Ligue aime beaucoup la carte blanche de Nadia Geerts parue dans l’hebdo Le Vif du 23 octobre 2020. Nadia Geerts est enseignante dans une Haute école pédagogique à Bruxelles et forme donc de futurs enseignants et éducateurs : « les questions de blasphème, de liberté d’expression, de séparation du politique et du religieux, de défense des valeurs démocratiques et de l’État de droit sont au coeur de mon enseignement. Et je me sens parfois bien seule lorsque l’actualité met ces questions à l’agenda… » et de continuer « je n’en peux plus de vos ’oui, mais’. Voulons-nous vraiment que nos enfants, demain, soient confiés à des enseignants, à des éducateurs qui considèrent qu’il est normal d’être homophobe, compréhensible d’être heurté par une caricature du prophète au point de tuer et islamophobe d’y voir un problème ? »

Notre Ligue francophone et wallonne (LFWRB), en dehors de tout soutien politicien, appuie aussi pleinement le Président de la République française lorsqu’il déclare, dans un entretien au New York Times « c’est précisément parce que la haine est interdite dans nos valeurs européennes, que la dignité de la personne humaine prévaut sur le reste, que je peux vous choquer, parce que vous pouvez me choquer de retour » et encore « La France ne va pas changer son droit parce qu’il choque ailleurs ».

Enfin, il constate et déplore également une forme d’incompréhension du modèle français (principalement dans le monde anglo-saxon). Jacques BOURGAUX et Charles-Etienne LAGASSE