Editorial, Wallonie-Bruxelles : ma patrie

 

En appelant le 19 juin dernier à constituer des gouvernements sans les socialistes, Benoît Lutgen n’avait sans doute pas réfléchi aux risques institutionnels de sa manœuvre, et au cadeau qu’il faisait aux adversaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles tant en Wallonie qu’à Bruxelles, mais aussi en Flandre.
Les développements de la crise qui s’en est suivie mettent à l’épreuve la solidarité entre Wallons et Bruxellois et risquent sacrifier leur communauté de destin à moins de deux ans d’un tournant dangereux dans l’histoire de notre pays. En effet, la constitution de majorités différentes dans les deux Régions risque de donner du combustible aux tenants d’une disparition de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et le projet de suppression des provinces pourrait agir de même, compte tenu de la nécessité de recycler les compétences provinciales en matières culturelles et d’enseignement.

Un discours essentiellement socialiste et wallon…

Le dénigrement de la Communauté française, rebaptisée Fédération WallonieBruxelles, n’est pas une nouveauté. C’est traditionnellement dans les rangs socialistes wallons que les voix ont été les plus nombreuses et les plus vibrantes en ce sens. Sans remonter aux grandes grèves de l’hiver 60 et aux Manifestes pour la culture wallonne, on rappellera les sorties plus récentes de Jean-Claude Marcourt, alors ministre à la Région wallonne et à la Communauté française, qui affirmait en 2012 qu’il fallait « déconstruire la « Fédération Wallonie-Bruxelles » Il était suivi dans ce discours par des parlementaires (Christophe Collignon, Pierre-Yves Dermagne et Nicolas Martin), par le secrétaire général de la FGTB wallonne, Thierry Bodson, et bien sûr, par ce grand régionaliste sous l’éternel qu’est Jean-Claude Van Cauwenberghe. … traditionnellement contesté par les libéraux.

Les libéraux, en revanche, ont adopté longtemps des positions « communautaristes ». Un grand stratège, bien au fait du rapport des forces dans l’Etat belge, Jean Gol, avait bien compris que face aux 6 millions de Flamands, les Francophones ne pouvaient se permettre de négocier en ordre dispersé. Il alla même jusqu’à évoquer la « Nation francophone ».
A sa suite, le parti libéral, sous ses successifs avatars, réaffirma à plus d’une reprise son scénario d’une Communauté française forte et unie.
En 1986, Louis Michel et Serge Kubla déposèrent au Conseil régional wallon une proposition de décret visant à « fusionner » Région wallonne et Communauté française, en énumérant tous les avantages de cette simplifi cation politique, administrative et budgétaire. En 2006 et en 2007, Didier Reynders, président du MR, préconisa lui aussi la superposition Région wallonne/Communauté française comme un moyen de simplifier les institutions et de susciter des économies d’échelle. L’idée se heurta au véto socialiste. En novembre 2007, suite au coup de force flamand au Parlement sur la scission de BHV, Daniel Ducarme préconisa la création d’une « Belgique française » unissant Bruxelles et Wallonie.
Toutefois, au MR, le vent semble tourner, à l’image des positions de ce parti envers la NVA. Fin 2015, on s’est surpris à entendre Didier Reynders rompre une lance en faveur d’une approche régionaliste. Mais c’est surtout du MR wallon que sont venus les plaidoyers les plus appuyés en faveur du déshabillage de la Communauté française. Après avoir annoncé, début juillet 2016, le schéma d’une Belgique à 4 régions, ce parti a fait une légère marche arrière, tout en ne citant même pas la Fédération Wallonie Bruxelles. Jean-Luc Crucke, un porte-parole du courant régionaliste, expliquait dans La Libre que ce n’était que partie remise et que, d’ailleurs, le schéma des 4 Régions proposé par le MR était « ce qui sied le mieux à nos alliés flamands ».

Vous avez dit « Communauté Wallonie-Bruxelles » ?

Malgré nombre d’éléments partagés en commun, personne ne nie les identités spécifiques des deux Régions.
C’est d’ailleurs le FDF qui fut le premier à proposer de rebaptiser la Communauté française en « Wallonie-Bruxelles » : dès septembre 1981, le sénateur André Lagasse déposait au Conseil de la Communauté française une proposition de décret intitulée « Proposition de décret portant constitution des Régions au sein de la Communauté Wallonie-Bruxelles ». Le 1er article stipulait :
« La Communauté Wallonie-Bruxelles se compose de deux Régions : la Wallonie et Bruxelles ». Mais aucune majorité ne se dégagea au Conseil pour voter cette proposition.

Le socle et les fantasmes

Le consensus majoritaire considère que les Wallons non germanophones et les Bruxellois partagent un patrimoine commun, qui s’illustre par un socle de trois compétences majeures exercées de concert au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles : la culture, l’enseignement et l’audiovisuel. Et c’est ce socle que certains, principalement en Wallonie, mais aussi, minoritairement à Bruxelles, voudraient dynamiter au nom de mobiles qui ressortissent davantage du fantasme que de l’analyse rationnelle, voire historique ou politique.
Passons en revue les principaux de ces fantasmes.

« Bruxelles a décidé »

Malgré une présence wallonne historique et significative à Bruxelles, de nombreux Wallons de toutes orientations politiques ont nourri et continuent à nourrir envers Bruxelles un sentiment de circonspection, voire d’allergie qui n’est pas sans rappeler celui de nombreux citoyens des pays de l’Union européenne envers « Bruxelles », entendue au sens d’un lieu de pouvoir lointain et bureaucratique. Il fut même des époques où aucun Bruxellois ne figurait dans le gouvernement belge et où les décisions étaient prises exclusivement par des ministres flamands et wallons, navetteurs quotidiens, mais imputées à « Bruxelles », origine de tous les maux. Les Bruxellois ont aussi été accusés de conservatisme unitariste, et d’être par ailleurs méprisants envers les Wallons.

Les faits contredisent cette lubie.

La Fédération Wallonie-Bruxelles dispose d’un Parlement composé de 75 élus wallons et de 19 élus bruxellois, soit un rapport de 80/20. En d’autres termes, les Wallons sont largement dominants et l’on comprend mal qu’ils se sentent mal servis par cette institution.

Passons en revue l’origine des ministres qui ont eu la culture et l’enseignement dans leurs attributions.

Depuis la création des « ministères de la Culture », de 1958 à 2017, sur les 27 titulaires du poste, 9 ont été bruxellois. Quant au poste de ministre de l’Education, depuis 1968, date de la séparation de fonctions autonomes par Communauté, 25 Wallons l’occupèrent, pour seulement 2 Bruxellois !
Quant au sentiment prétendument unitariste des Bruxellois, on rappellera que le FDF, porté sur les fonts baptismaux par les 4 mouvements wallons, devint rapidement le principal parti bruxellois, et fut le premier à défendre à Bruxelles le schéma fédéral. S’il n’occupe plus la première place aujourd’hui, ses principaux concurrents sont devenus fédéralistes.
On ajoutera que Bruxelles est la ville au monde qui compte le plus grand nombre de Wallons d’origine ; une osmose naturelle existe, renforcée par le courant permanent de Bruxellois qui choisissent de s’installer en Wallonie.

Bruxelles, porte ouverte sur l’Europe et le monde

Les Flamands ont bien compris l’importance de Bruxelles comme vitrine et porte d’accès à l’Europe et au monde. De leur côté, les Francophones avaient toutes les raisons du monde pour faire de Bruxelles la capitale de la Communauté française. Les 3 millions et demi de Wallons ont ainsi un accès au monde que beaucoup de régions européennes leur envient, tout en tâchant d’y ouvrir des représentations.
Vraiment, l’intérêt de la Wallonie n’est pas de se recroqueviller sur elle-même, sorte de Mongolie extérieure, coincée entre le monde français et le monde germanique.

La Fédération Wallonie-Bruxelles, accès royal à la Francophonie

Songeons également à la scène internationale : depuis 1987, la Francophonie a accordé à la Fédération Wallonie-Bruxelles un statut à part entière, distinct de l’Etat belge. Aux sommets des chefs d’Etat et de gouvernement, la Communauté française siège à la lettre « C », et l’Etat belge à la lettre « B ». Ce statut est exceptionnel et les provinces canadiennes l’envient. Mais que survienne le démembrement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il ne faudra pas attendre des instances de la Francophonie qu’elles accordent le même statut à la Wallonie et à la Commission communautaire française. Le choix sera tout tracé : retour de toutes les compétences à la représentation de l’autorité fédérale.

Dans la Fédération Wallonie-Bruxelles, les Wallons sont chez eux

Non seulement les Wallons détiennent la majorité de contrôle au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais l’autonomie constitutive permet une composition du gouvernement qui reflète et associe les sensibilités régionales.
Comme Daniel Ducarme et Didier Reynders (dans sa période « communautariste ») le préconisaient, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles peut être composé de tous les ministres francophones des deux Régions.

L’avis des experts et des politiques

Les arguments rationnels visant à contrer les tendances régionalistes ont émané des économistes comme des juristes. Faute de place on ne mentionnera ici que les conclusions de feu le Pr. Deschamps, de l’Université de Namur, économiste reconnu, de l’économiste Jean-François Thisse, des constitutionnalistes Francis Delperée et Hugues Dumont et de bien d’autres.
Du côté des politiques, on rappellera la réaction de Joëlle Milquet, alors ministre de l’Enseignement, aux sorties régionalistes des députés wallons du MR, et pour qui la scission de la Fédération Wallonie-Bruxelles était « un suicide de l’unité francophone et un cadeau dangereux à la N-VA »

(2). On observera avec attention l’attitude du CDH devant les prurits régionalistes de son nouvel allié au sein de l’attelage gouvernemental wallon.

Culture : les acteurs du terrain s’expriment

C’est parce qu’ils étaient conscients des dangers pour les politiques culturelles que des acteurs du terrain ont signé il y a juste un an dans La Libre une carte blanche mettant le monde politique en garde contre les tentatives de division (voir l’encadré reproduit dans notre revue). Ils ont été rejoints dans cette démarche par des représentants attitrés du monde de l’enseignement.

Préparer 2019

Si l’on veut prendre le temps de réfléchir un instant, on constate que ce qui unit les Wallons et les Bruxellois est plus important que ce qui les distingue ; et que ce qui les distingue n’est pas nécessairement lié à l’appartenance à l’une ou l’autre Région. Entre les villages de la province du Luxembourg, le Brabant wallon et les grandes villes industrielles, quelles sont les spécificités à ce point essentielles qu’il faille exiger des diplômes différents, scinder la RTBF ou instaurer des aides aux écrivains sur d’autres critères que pour les Bruxellois ?
Mais il faut aller au-delà de ce constat portant sur les seules compétences actuelles de la Communauté française. Il faut anticiper le nouveau dialogue communautaire qui s’annonce à partir de 2019. Face à l’Etat flamand en gestation, les francophones ne peuvent avoir comme projet de se disperser en un « archipel » d’entités d’opérette.

Nous terminons cet éditorial par un extrait du Manifeste que la Ligue publiait il y a trois ans :

« Tout impose de maintenir une solidarité étroite entre Bruxelles et la Wallonie, qui traduit la convergence de leurs intérêts et leur communauté de destin.

Solidarité politique : seule l’union des Bruxellois et des Wallons peut leur permettre de traiter sur pied d’égalité avec la Flandre.

Solidarité culturelle : parce qu’ils ont en partage la langue et la culture françaises.

Solidarité économique et financière : Bruxelles est un centre d’activités scientifiques, économiques et de formation et une vitrine internationale pour la Wallonie. La Wallonie développe des pôles de compétitivité de niveau mondial et dispose d’un patrimoine culturel, naturel et touristique unanimement reconnu. Cette solidarité s’impose dans tous les scénarios du futur.  »

Charles-Etienne Lagasse

1  La Libre Belgique, 9 septembre 2016

2  http : //milquet.cfwb.be/gw_presse

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Editorial. Prendre ses désirs pour des réalités / n’a jamais rien arrangé.

Revenons une décennie en arrière, en 2007, le 24 mars pour être plus précis. Le journal Le Soir titrait : « Le face-à-face Nord- Sud, Belgique encore ! 98 % de franco- phones et 93 % de Flamands souhaitent le maintien de la Belgique ». Le contenu des articles écrits en partenariat avec des jour- nalistes du Standaard se révélait être tout aussi lénifi ant. Etonnant de la part de journa- listes de cet hebdomadaire dont la première page était, jusqu’il y a peu, décorée des lettres A.V.V.K., abréviation de l’expression nordiste « Tout pour la Flandre, la Flandre pour le Christ ». C’était ainsi que démarrait un matraquage qui devait durer pas moins de quatre semaines durant lesquelles ces grands quotidiens nous donnèrent les résul- tats d’une enquête commune. N’insistons pas sur le contenu de celle-ci. Nous ne sommes pas à même de vérifi er les aspects scientifi ques de cette démarche sociologique. Ce qui, en revanche, ne peut être nié, c’est que cette campagne du Soir suivait les cinq résolutions du Parlement fl amand pour une réforme de l’Etat votées en mars 2003 et précédait la plus longue crise politique non seulement de l’histoire belge mais aussi européenne, celle des années 2010/2011 ; elle avait, on s’en rappelle tous, duré pas moins de… 541 jours. Elle devait se clôturer par la sixième réforme de l’État, un pas supplémentaire vers le démantèle- ment de l’Etat belge. Il était dès lors évident que les Flamands souhaitaient le maintien de la Belgique mais à leurs conditions et à leur service. Et surtout, un État de moins en moins solidaire, voire plus du tout ! La leçon aurait dû porter, mais non ! Malheureusement, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif, nous dit le proverbe. Mme Béatrice Delvaux devait récidiver dans son journal le 16 mars 2017. Dans un éditorial (heureusement écarté de la pre- mière page du quotidien), elle nous assénait que la fracture belge restait identitaire, mais plus entre francophones et fl amands ! Nombreux ont dû être les lecteurs à avoir bu leur café de travers en lisant leur gazette au petit déjeuner. A en croire l’éditorialiste en chef du Soir, la paix communautaire devrait régner sur l’ensemble du territoire belge. On est pourtant loin du compte. La démocratie ne règne toujours pas dans la commune à facilités qu’est Linkebeek. Liesbeth Homans, la ministre de l’Intérieur de la Région fl amande, refuse toujours de nom- mer un bourgmestre dans cette commune. Notre ami Wallon vigilant en parle dans les colonnes de ce journal. Bart De Wever – qu’il n’est plus utile de présenter si ce n’est pour rappeler que c’est l’homme politique le plus puissant de Flandre – s’est fendu d’un nouvel ouvrage reprenant ses idées en matière institutionnelle. Son objectif est dans un premier temps d’uti- liser la place prépondérante de la Flandre au niveau du gouvernement fédéral pour mener une politique socio-économique qui poussera les partis francophones à quémander une nouvelle réforme de l’Etat. En d’autres mots, il veut les inciter à venir lui manger dans la main. Si, après cela, Mme Delvaux ne voit plus de fracture nord/sud, qu’est-ce qui pour- rait lui ouvrir les yeux ? Apparemment pas davantage la tribune offerte dans son jour- nal à Johan Van den Driessche, le chef de groupe N-VA au Parlement bruxellois, le jour de la fête de l’Iris. Celui-ci y prônait, entre autres choses, une scission de la sécurité sociale avec le choix pour chaque Bruxellois de choisir entre le système fl a- mand et le système… wallon ! La région centrale serait de plus cogérée par les deux autres Régions. Dans les discours pro- noncés à l’occasion de cette fête, les sug- gestions de cette personne furent consi- dérées comme une véritable provocation. Charles Picqué, le président du Parlement bruxellois, ne manqua pas d’insister sur le fait qu’un tel programme ne pouvait que susciter la résistance bruxelloise. Le plan de démantèlement du Musée de l’Armée sis sur le site du Cinquantenaire, élaboré par l’ancienne secrétaire d’Etat Elke Sleurs, ne semble pas non plus perturber plus que cela notre chère éditorialiste en chef du Soir. Il n’y aurait, aux dires du ministre N-VA de la Défense, Steven Vandeputte, plus assez de place à Bruxelles pour entre- poser les collections. Iraient-elles alors en Wallonie, la plus grande des trois Régions du pays ? Que nenni, vous voulez rire ou quoi ? ! Selon Patrick Dessy, un représentant syndical de l’armée, le ministre précité pense « à Coxyde pour les avions et à Brasschaat pour les collections d’artilleries ». Au rythme où vont les choses, on pourra bientôt dire adieu à ce joyau muséal.

 

Il n’est pas utile de revenir sur le problème du survol de Bruxelles. Tout a été dit et écrit sur ce sujet. Les Bruxellois sont, dans ce dossier comme dans bien d’autres, les dindons de la farce. Ils sont traités comme les vaches qui broutent l’herbe dans les prés du Brabant flamand. On peut les survoler comme des ruminants ! Aucune ville, aucune capitale au monde n’est, à cet égard, aussi mal traitée. Non, à la lumière de tout ce qui précède – et la liste des exemples donnés est loin d’être exhaustive –, les pro­pos de Béatrice Delvaux sont inacceptables et ne relèvent que de l’incompétence, voire de la mauvaise foi. Bien malin qui sait vers où ce pays va. Il est, en tout état de cause, difficile de lui prédire un avenir radieux. Que cette journaliste le veuille ou non, la fracture identitaire reste non seulement une réalité mais de plus, elle s’aggrave. A Bruxelles comme partout ailleurs, se voiler la face ou prendre ses désirs pour des réalités ne ren­dra la chute que plus difficile à supporter !

Jean-Luc Robert

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Activités passées

LA LIGUE FRANCOPHONE ET WALLONNE DE LA REGION DE BRUXELLES

a le plaisir de vous inviter à son assemblée générale annuelle qui se déroulera

le vendredi 16 juin 2017 à 18h30 à la Maison de la Francité

18, rue Joseph II à 1000 Bruxelles (métro Arts-Loi).

Elle sera suivie à 19h30, en présence de son réalisateur, par la projection du film dont l’affiche est reprise ci-dessous. La soirée se clôturera par le verre de l’amitié. Votre famille et vos amis sont cordialement invités.

Dans cet excellent film, son auteur nous montre, avec humour et conviction, la tendance absurde qu’ont certains Canadiens et Français à délaisser la langue française et à recourir à l’anglais, même quand cela ne présente aucune utilité.

Des interlocuteurs de marque dont Bernard Pivot et Jean-Pierre Raffarin commentent cette anglicisation du paysage francophone.

Plusieurs questions émergent à la suite des propos recueillis dans ce documentaire. A quoi mène cette progression de l’anglais dans le monde ? N’est-ce pas nocif pour la diversité linguistique, foyer de la pensée, de la culture et du progrès humain ? N’assiste-t-on à un appauvrissement de la pensée et des sociétés en privilé­giant une seule langue ? Ne se dirige-t-on vers la pensée unique, véhiculée par l’anglais ? Et quelles sont les valeurs proposées par cette pensée unique ? Réponses seront données à ces questions.

La projection du film est organisée en collaboration avec l’asso­ciation BRUXELLES MULTIPLE ET FRANCOPHONE (B.M.F.) et le CENTRE D’ETUDES JACQUES GEORGIN (C.E.G.).

 

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Editorial. Traiter les Wallons de « mafieux » est inacceptable

Les deux mots les plus utilisés par les journaux sont deux noms propres : « Trump » et « Publifin ». On nous les sert à toutes les sauces et cela en devient presque lassant. Que le nouveau président des Etats-Unis soit un type dangereux et que ses premières décisions soient à ce point idiotes qu’elles en dépassent l’entendement, ce n’est pas nous qui dirons le contraire.

L’intercommunale liégeoise qui a permis de rémunérer quantité de responsables politiques de presque tous les partis sans prestations aucunes est l’exemple type de la mauvaise gouvernance qu’il importe d’éradiquer dans les plus brefs délais. Un grand quotidien francophone s’est permis de demander l’analyse d’un politologue, François Gemenne pour ne pas le citer, sur la gestion de Publifin. Le point de vue de ce ‘spécialiste’ des flux migratoires liés aux changements climatiques peut se résumer comme suit : il s’agirait de l’action d’une bande de mafieux et en disant cela, il ris­querait sa vie ! Tenant à sa vie, il n’aurait, soi-disant, pas avantage à se promener à pied sur le parking de Cointe…

Trop peu nuancés, de tels propos ne méri­teraient pas d’être relevés si ce n’est que tant la presse flamande que de nombreux hommes politiques du nord du pays n’ont pas manqué de se transformer en caisse de résonance de ce monsieur. Ils n’y sont bien évidemment pas allés avec le dos de la cuillère, comme on dit. Les Wallons et les Francophones sont tous mis dans le même sac et le sud du pays serait ainsi peuplé de mafieux. Ni plus, ni moins ! Certains, se découvrant sans doute une nouvelle voca­tion de généticien, ont même osé soutenir que cela faisait partie de notre ADN.

Est-il nécessaire de rappeler tant aux Flamands qu’à ce politologue mal inspiré, et contre qui plainte a été déposée en justice, que la mafia a pour méthode des comporte­ments délictueux et ce à des fins illégales ? Le cas de Publifin est très différent. On a assisté, en effet, à un estompement de la norme donnant lieu à enrichissements.

Mettre tous les Wallons et tous les Francophones dans le même sac relève de surcroît de l’insulte. C’est, en effet, faire fi et ignorer tout simplement tant les électeurs que leurs élus qui travaillent avec sérieux, vigueur et dans le souci du bien commun.

Il serait utile de rappeler à ces moralisa­teurs pénibles la célèbre réplique d’Argante à Géronte dans les Fourberies de Scapin : « que ceux qui veulent gloser, doivent bien regarder chez eux, s’il n’y a rien qui cloche ». Le groupe Arco, propriété des coopérateurs de l’ACW, le mouvement ouvrier chrétien flamand, est en liquidation depuis 2011 suite à la débâcle de Dexia dont il était un action­naire important. Il ne manque pas moins de 150 millions d’euros pour indemniser les 800.000 coopérateurs. Ceux-ci, qui avaient touchés d’importants dividendes à l’époque des vaches grasses, réclament, par la voix des ministres CD&V, une indemnisation via les caisses de l’État. Alors que tous les partis francophones ont unanimement condamné les pratiques de Publifin, le CD&V a le toupet de faire de l’indemnisation des coopérateurs précités une affaire de gouvernement. Un tel chantage pour satisfaire une partie de ses électeurs est en contradiction totale avec la plus élémentaire notion d’intérêt général !

Dans une autre affaire, si les Wallons et les Bruxellois se sont peu manifestés, les Flamands ne se sont, quant à eux, guère fait entendre. L’ancien chef de cabinet du ministre des Finances Johan Van Overtveldt, Mathieu Isenbaert, a créé avec un ancien collaborateur du même ministre un cabinet d’avocats spécialisé dans le droit fiscal, et notamment dans les pratiques des mul­tinationales qui ont recouru aux « excess profit rulings », un procédé d’évasion fiscale. Ce mécanisme a été considéré comme une aide d’État illégale par la Commission européenne et la Belgique a été sommée de récupérer 700 millions d’euros auprès de ces entreprises.

Nous ne pousserons pas le bou­chon jusqu’à ouvrir à nouveau le dossier Lernout&Hauspie, une société flamande dont le siège se trouvait à Ypres. Il s’agit certainement de la plus grande escroquerie financière connue en Belgique depuis la Deuxième Guerre mondiale. Ce n’est pas le seul exemple, il y en a bien d’autres. Une frontière linguistique n’arrête pas, en effet, la cupidité et les pratiques douteuses. S’il y a tout lieu d’être honteux de l’affaire Publifin, il est cependant indispensable que tant la Région wallonne que la Région bruxelloise prennent des mesures drastiques pour qu’un aussi mauvais feuilleton ne puisse plus faire les gorges chaudes de ceux qui ne nous veulent pas que du bien.

 

A cet égard, si la création d’une commission spéciale au sein du Parlement wallon en vue de faire toute la lumière sur l’intercommunale liégeoise est certes une avancée positive, une commis­sion d’enquête avec les pouvoirs d’un juge d’instruction est nettement préférable. Et on ne peut qu’espérer que ladite commission étende son champ d’action aux autres intercommunales wallonnes.

La bonne gouvernance doit en tout état de cause revenir au centre des préoccupations de nos partis politiques. Il est des pratiques du passé que les citoyens ne tolèrent plus. Les déboires en France des époux Fillon sont là pour nous le rappeler. Le respect des lois est indissociable de la notion de transparence. Alors qu’un récent sondage montrait une désaffection croissante de la population et de la jeunesse en particulier à l’égard de tous les types d’institutions de toutes natures tant publiques que privées, une droiture de l’ensemble des dirigeants est seule à même de rétablir la confiance !

Jean-Luc Robert

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Editorial. Que faut-il retenir de l’aventure belge du CETA ?

 

Alors que l’encre des nombreuses signatures du traité économique et commercial entre l’Union européenne et le Canada, le CETA, est à peine sèche, il n’est pas inutile d’analyser les différentes étapes et péripéties qui ont émaillé les négociations jusqu’à leur conclusion et d’en tirer certaines leçons.

Il importe d’emblée de préciser que CETA est l’acronyme du nom du traité en langue anglaise et qu’en notre qualité de Francophones, nous devrions parler de l’AECG, initiales de « Accord économique et commercial global ». Le perpétuel recours à l’anglais dont se rendent coupables les instances de l’Union européenne n’est pas de nature à faciliter les choses et à créer un climat de confiance entre les parties. Ce traité de 1.600 pages, peu lisibles, était accompagné d’une déclaration interprétative d’une douzaine de pages rédigées dans la langue de Shakespeare. Il n’est pas normal que le Parlement de Wallonie ait été obligé d’en commander une traduction à ses frais. Par rapport à un texte ayant une telle portée et autant d’implications, chacun doit pouvoir le lire dans sa langue maternelle. Une fois encore, l’Union européenne a failli à ses devoirs !

Au niveau belge, force est de constater que la division communautaire a été, une fois encore, la règle. Bart De Wever n’étant pas pour nous une source d’inspiration, nous ne dirons dès lors pas avec lui qu’il y a deux démocraties dans le Royaume de Belgique. On peut en revanche et sans hésitation aucune souligner que le divorce belge n’a

fait que s’accroître. L’Etat fédéral n’ayant pas été capable d’accorder les violons des différentes Communautés et Régions, il a, à un certain moment, brièvement disparu de la table des négociations. Pendant ce temps, des représentants de la Commission européenne sont entrés en lice, pour ne plus quitter les discussions belgo-belges jusqu’à leur issue. C’est la première fois dans toute son histoire que la Belgique a besoin d’une intervention extérieure pour arrêter une décision intérieure. Ce n’est, dès lors, pas anodin et gageons que cette fois n’est sans doute pas la dernière !

Un autre constat, d’une importance majeure, c’est que le feuilleton de l’approbation du traité au niveau belge a bien illustré non seulement la solidarité entre la Wallonie et Bruxelles, mais aussi avec la Communauté germanophone. A la notable exception du Parlement flamand, tous les parlements des entités fédérées ont approuvé le traité le même jour, après que les mêmes obstacles aient été levés. Tous ceux qui – et dans chaque région, ils sont bien trop nombreux ! – spéculent sur une distanciation entre les Wallons et les Bruxellois en ont pris pour leur grade.

On ne peut pas non plus passer sous silence les réactions déplacées de certains de nos ennemis, qu’ils le soient de longue ou de fraîche date. Personne ne s’étonnera des propos de Bart De Wever qui a déploré « l’exemple pitoyable » donné par la Wallonie, non seulement d’elle-même mais aussi de la Flandre et de la Belgique. Les Francophones

ayant déjà été si souvent insultés par des milieux flamands, il va de soi que toute critique venant du nord ne peut que glisser sur le cuir ciré de notre indifférence.

Beaucoup plus étonnante a été la sortie du commissaire européen de nationalité allemande Günther Oettinger qui, lors d’un dîner de gala organisé par le patronat allemand et sans doute trop arrosé pour lui, a proféré l’insulte suivante : « La Wallonie, une microrégion, gérée par des communistes ! » En bref, un vrai discours à la Trump. Pour avoir traité la France de « pays déficitaire et récidiviste » en 2014, nombreux avaient été les Français à réclamer sa démission. Si des appels à la démission de ce trublion se sont cette fois faits entendre tant chez nous qu’en Allemagne, on ne peut que déplorer l’attitude du président de la Commission qui feint d’ignorer ce nouvel incident.

Une question dérangeante mérite enfin d’être posée : fallait-il oui ou non signer ce traité alors que le mouvement associatif s’était mobilisé comme jamais auparavant pour s’y opposer ? Pour rappel, celui-ci combattait tant le TTIP avec les Etats-Unis que le CETA, en les mettant sur le même pied. Il ne faut cependant pas perdre de vue qu’il s’agissait bien de deux projets de traité différents avec deux Etats distincts. Le premier concerne les Etats-Unis, un pays de 325 millions d’habitants, jouant le jeu d’un capitalisme sauvage, peu soucieux des enjeux environnementaux et sociaux. Le second nous lie au Canada, l’Etat le plus européen en dehors de notre continent et dont de nombreuses normes n’ont rien à envier aux règles européennes. Y cohabitent entre autres des législations très fortes, un système public d’assurance maladie, une législation du droit des travailleurs, un système public d’enseignement… De nombreux Belges francophones y ont émigré pour y trouver du travail. La Fédération Wallonie/ Bruxelles a, quant à elle, signé quantité d’accords culturels avec le Québec, avec lequel nous partageons langue et culture. Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, et Pierre-Marc Johnson, qui a négocié les clauses du CETA, sont tous deux francophones. Si l’Europe ne signe pas un accord avec le Canada, avec qui en signerat-elle encore ? Force est quand même de constater que les livraisons d’armes à des pays assassins comme l’Arabie saoudite ont provoqué bien moins de polémiques…

Une des revendications des opposants les plus farouches à la conclusion du traité était l’insertion d’une clause de respect des droits de l’Homme. Si celle-ci se justifie pleinement dans un traité avec les EtatsUnis, qui sommes-nous pour imposer une telle disposition au Canada, un pays nettement mieux placé que la Belgique dans

les classements internationaux d’Etats respectueux de la démocratie et des droits de l’Homme ?

L’insertion d’une disposition sur le recours à l’arbitrage en vue du règlement de conflits liés à la possibilité d’attaquer certaines législations sociales et environnementales faussant les règles de concurrence a suscité bien des indignations. Les détracteurs semblaient ignorer que l’application de cette clause ne vaut que pour les investissements et pas pour les échanges commerciaux. Imagine-t-on une firme wallonne commercialisant du sirop de Liège et désireuse de s’implanter au Canada en vue de produire du sirop d’érable faire pleinement confiance à un tribunal d’outre-Atlantique ? Ce genre de juridiction qui existe dans quantité de traités commerciaux a, dans la majorité de ses interventions, donné raison aux Etats. Y imposer des magistrats professionnels ne peut qu’être bénéfique.

De nombreux manifestants craignaient que la signature du CETA ne soit une porte ouverte pour la signature du TTIP avec les Etats-Unis. Avec Philippe Couillard, Premier ministre québécois, nous pensons

au contraire que les clauses du CETA ne constituent qu’un niveau de démocratie politique, économique, sociale et environnementale en deçà duquel, il ne pourra pas être possible de négocier d’autres accords, le TTIP y compris. Il importera, en tout état de cause, de faire preuve d’une vigilance extrême et, si nécessaire, de renvoyer les technocrates de l’Union européenne à leurs chères études. Une question plus fondamentale se pose désormais : serat-il encore possible de négocier quoi que ce soit avec l’administration Trump ? Rien n’est moins sûr !

La signature du traité n’est intervenue qu’avec quelques jours de retard. Que représente ce contretemps par rapport aux années de négociations qui ont été nécessaires à la conclusion de celui-ci ? Des cacahuètes ! On n’a pas touché au traité mais on a clarifié certaines imprécisions de la déclaration interprétative. Qui a gagné ce conflit, les tenants ou les opposants ? Cela n’a somme toute aucune importance. Seul compte l’intérêt général.

 Jean-Luc Robert

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Commentaires fermés sur Editorial. Que faut-il retenir de l’aventure belge du CETA ?

Editorial. Les Francophones seront-ils donc toujours les dindons de la farce?

Ces dernières semaines, plusieurs mauvaises nouvelles ont été annoncées aux Wallons et aux Bruxellois. Si l’on pouvait se douter que de telles révélations ne pourraient qu’être désagréables à entendre, il n’est quand même jamais interdit d’espérer des miracles.

La première mauvaise nouvelle concerne le coût pour les Francophones de la sixième réforme de l’Etat. Les dotations transférées par l’Etat fédéral pour l’exercice de certaines compétences s’avèrent être insuffi santes. Celles qui sont principalement visées sont les suivantes : allocations familiales, soins de santé, emploi, personnes âgées et hôpitaux. Le manque à gagner pour la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles vient d’être évalué par l’ULB à 319 millions d’euros, alors que la Flandre, grâce à cette opération, encaisse un bénéfi ce de 302 millions d’euros. De plus, certains coûts relatifs au fonctionnement n’ont pas été pris en compte, tels le personnel à recruter, l’informatique et les bâtiments. Eh oui, diviser une administration en deux ou en trois, cela coûte cher !

Autre mauvaise nouvelle, le chef de groupe de Défi  au Parlement bruxellois révèle que, selon son analyse, la SNCB serait plus performante pour les navetteurs fl amands que pour leurs homologues wallons. L’étude, menée avec rigueur scientifi que, révèle des disparités dans la qualité des liaisons directes entre plusieurs grandes villes et Bruxelles, mais également dans le temps de parcours.

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Nouvelle tuile pour les Francophones. Le Gouvernement fédéral vient de décider le maintien de la clé de répartition des quotas de numéros Inami entre la Flandre (60 %) et la Fédération Wallonie-Bruxelles (40 %) pour 2022, ce contre l’avis de planifi cation médicale qui avait proposé une répartition plus favorable aux Francophones. C’était toutefois compter sans la N-VA et le CD&V qui se sont empressés de relayer au plan politique l’opposition radicale à tout changement en la matière, position manifestée par Rik Torfs, le recteur fl amingant de la KUL. Si l’on ne tenait compte que de la démographie des trois Régions, la répartition serait de 57,5 % pour les Flamands contre 42,5 % pour les Francophones.

NV-A, pas NV-A, cela ne change en fait rien. Cela fait des décennies qu’à l’occasion de chaque répartition nord/sud, les Francophones sont les perdants de l’opération. On l’a vu lors des lois linguistiques pour les fonctionnaires, lors de la communautarisation de l’enseignement, lors de l’attribution de la clé de répartition 80/20 à Bruxelles, lors de la répartition des investissements de la

SNCB, et les exemples pleuvent. On se fait avoir à chaque coup !

Le ciel n’est cependant pas totalement rempli de nuages menaçants. Un rayon de soleil sur fond d’azur nous donne quand même chaud au cœur. Alors que plusieurs voix s’étaient élevées pour réclamer la régionalisation de l’enseignement et de la culture, d’autres ont décidé de réagir afi n d’empêcher un tel gâchis. Un collectif d’une vingtaine d’intellectuels issus du monde culturel et académique et dont les renommées dépassent largement nos frontières ont signé un manifeste non seulement d’opposition à la régionalisation des matières précitées, mais aussi en vue de renforcer la capacité de la Fédération Wallonie-Bruxelles en ces domaines. Nous osons croire que cela calmera les velléités de certains Francophones qui, voulant nous diviser, font totalement le jeu des Flamands qui n’attendent que cela !

Jean-Luc Robert

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Editorial. Les Francophones vont-ils enfin ouvrir les yeux?

Il y a quelques mois déjà, je tirais la sonnette d’alarme. Les Francophones de ce pays ne se préparent nullement à l’inéluctable. Aucun plan B n’existe au cas où les Flamands déclareraient leur indépendance. On ne peut ce pendant pas dire qu’ils avancent cachés.

La N-VA n’a jamais modifié l’article 1er de ses statuts, lequel stipule que la Flandre opte «pour une république flamande indépendante, membre d’une Union européenne démocratique» (sic). Ce parti est de loin, et même de très loin, le parti le plus puissant en Flandre et c’est lui qui donne le ton, et pas qu’au nord du pays ! La N-VA a pris l’engagement de ne pas exiger, au sein du gouvernement Michel, une nouvelle réforme de l’Etat. On veut bien croire ses dirigeants. Soit, mais quid de l’après Michel ? Quelle attitude les Francophones devront-ils adopter ? On sait que la meilleure stratégie de défense, c’est l’attaque. On n’attaque cependant pas de façon improvisée. Le simple fait de dire «non» a, par le passé, mené les Francophones dans le décor. Après 541 jours de crise, ils ont dû céder à presque toutes les exigences reprises dans le cahier de revendications flamandes, cela sans obtenir grand-chose en échange. La contrepartie de la scission de l’arrondissement de BHV, à savoir la création d’une communauté urbaine, n’est toujours pas concrétisée… Elle n’est d’ailleurs pas prête de l’être.

En attendant la prochaine grande crise communautaire qui surviendra au plus tard avant la formation du prochain gouvernement, le travail de sape orchestré par le mouvement flamand poursuit son bonhomme de chemin. Il est étonnant de constater que même la presse populaire commence à s’en rendre compte. Un hebdomadaire comme «Paris Match», lequel nous gratifie d’habitude de niaiseries sur les toilettes de la reine Mathilde ou les soi-disant générosités de celle-ci pour quelques malheureux triés sur le tas, commence à voir clair.

Son deuxième numéro du mois de mai est on ne peut plus éloquent. A vous d’en juger : «(…) on y découvre qu’en matière de justice, de police, de défense et de renseignement, les Flamands squattent quasiment tous les postes clés ! Dont 11 postes sur 13 rien que dans le domaine de la sécurité publique. Comme par hasard, cette «flamandisation» des bases de l’Etat s’accentue depuis l’arrivée au pouvoir de la N-VA. Il existe une volonté de plus en plus affirmée de faire passer l’intérêt flamand avant tout», écrit le journaliste Frédéric Loore, auteur de l’enquête qui cite ses sources : «avant même l’intérêt national de sécurité, je finis par le croire’, lâche un commissaire de police. Et un officier de liaison de la Police fédérale se rappelle s’être un jour entendu dire de la part d’un ministre du pays dans lequel il officiait : ’Tiens, on parle encore le français chez vous ?». Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’un tel article nous change des habituelles calembredaines de «Paris Match».

L’idée que la Belgique ne fonctionne plus gagne chaque jour davantage les esprits. Des journaux comme «Le Monde», «Le Soir» ou l’hebdomadaire «Le Vif» en font leurs gros titres. Des représentants du monde de l’entreprise en sont même arrivés à se réunir en vue d’avancer des idées pour «Revitaliser ce pays qui laisse l’impression de ne plus fonctionner» (*). Cette paralysie du pays est en partie organisée de façon sournoise par la N-VA en vue d’accélérer le processus séparatiste et de persuader les Francophones les plus nostalgiques d’une Belgique unie qu’il n’y a plus d’autres choix.

Ce n’est pas tout. Il m’est pénible de devoir rappeler une fois encore que cette mauvaise sixième réforme de l’Etat a limité dans le temps les transferts nord-sud. Ceux-ci pouvaient encore durer dix années ; or, les lois en question ont été promulguées en… 2014. Il y a donc quatre ans déjà ! Le compte à rebours tourne et on ne voit aucune mesure structurelle prise en vue d’amortir le choc futur. Non seulement, on n’en voit aucune mais on ne perçoit même pas l’amorce d’une discussion à cet égard. Pire même, certains apprentis sorciers ont pour seule idée la régionalisation de la Fédération Wallonie-Bruxelles, laquelle entraînerait, parmi de nombreuses autres conséquences négatives, une explosion des coûts de fonctionnement. Dans un psaume de la Bible, il était déjà écrit : «Ils ont des yeux et ne voient point» …

Le dernier grand baromètre politique RTL- TVI / Ipsos / Le Soir de mai 2016 prévoit une forte poussée de l’extrême droite nationaliste en Flandre et de l’extrême gauche du PTB en Wallonie, avec une baisse des différents partis au pouvoir au niveau fédéral et dans les entités fédérées. Un tel séisme, s’il devait se réaliser- et il y a peu de raisons de croire le contraire-, accentuerait encore davantage les antagonismes nord/sud. Avec et même sans le travail de sape de la N-VA, la Belgique deviendra tout simplement ingouvernable.

La Ligue Wallonne et Francophone de la Région de Bruxelles appelle dès lors les différents partis politiques francophones à mettre leurs querelles entre parenthèses et à préparer ensemble l’avenir avec toutes les forces vives des deux Régions, que celles-ci soient économiques, sociales, associatives et académiques. A défaut de quoi, l’ultime septième réforme de l’Etat, tant voulue au nord du pays, assombrira pour longtemps notre avenir et celui de nos enfants !

 

Jean-Luc Robert

 

(*) plus de détails dans nos versions imprimées…

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Activités passées

 

Ce dimanche13 mars 2016 à midi aura lieu le banquet de printemps de la Ligue francophone et wallonne de la Région de Bruxelles au lieu habituel, à savoir le restaurant « La Moule sacrée », au 11 de la rue des Chapeliers à Bruxelles, à deux pas de la Grand Place. Vos amis et votre famille sont aussi les bienvenus.

Le menu proposé au prix de 25 € sera le suivant :

Kir royal

Moules marinières

ou

Pavé de boeuf sauce poivre vert

Glace au spéculoos

Vin, eaux, café

Le paiement de 25 €au compte 145-0539031-61 de la LFWRB vaut inscription. Veuillez préciser votre choix viande ou moules. Réservation téléphonique au 02/734.46.16 chez Françoise Hector ou par courriel jeanluc.robert@telenet.be

 

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Editorial 4M7 de décembre 2015

Entre utopies et complot

Il y a, chez Philippe Van Parijs, du Janus. Il y a chez lui à la fois l’accoucheur de mondes meilleurs et l’apprenti sorcier dogmatique qui suscite le noir désespoir.

Voici 500 ans, Thomas More publiait à Louvain (disait-on déjà Leuven à cette époque ?) son petit livre « L’utopie ». Pour célébrer cet anniversaire, l’Université catholique de Louvain (-la-Neuve) a demandé à Philippe Van Parijs de faire de 2016 une « Année d’utopies pour le temps présent », à savoir d’organiser des événements qui invitent la communauté universitaire à sortir des sentiers battus. Il lui faut, a-t-il expliqué dans un entretien accordé à Guy Duplat de La Libre Belgique (*), « oser imaginer un monde meilleur, contribuer à le faire advenir et équiper nos étudiants pour qu’ils puissent eux aussi y oeuvrer ».

Cette initiative est à saluer, tout comme doit l’être la désignation comme « Monsieur Loyal » de l’économiste et philosophe Philippe Van Parijs qui, ainsi que le rappelle le journal, a été à l’origine de nombreux combats utopiques ces dernières années. Nous en retiendrons deux ici, afin de bien faire percevoir les deux faces du Janus…

D’abord, il y a son combat persévérant en faveur de l’allocation universelle, que d’aucuns appellent le revenu de citoyenneté. « Cette idée m’est venue en 1982 », a-t-il déclaré au journal. Vraiment ? Van Parijs serait-il donc l’inventeur de cette belle utopie, comme La Libre le laisse à entendre ? Pas du tout ! N’y voyez toutefois pas une intention maligne du professeur de tromper son monde, mais seulement un exemple très parlant de la décadence d’une presse écrite (et pas qu’elle, d’ailleurs…) condamnée à la superficialité au nom d’une rentabilité de plus en plus illusoire. La phrase qui suit immédiatement en atteste jusqu’à un point qui frise le grotesque puisque Van Parijs discerne la première référence à l’allocation universelle en Belgique dans un « document non signé, rédigé en flamand et confisqué par la police dans les Marolles en 1948, quelques jours après l’expulsion de Marx hors de Bruxelles ». Marx expulsé en 1948, le pauvre : avoir à subir une deuxième expulsion cent ans après la première, il n’y a pas à dire, le sieur Franken a eu des prédécesseurs beaucoup plus impitoyables que lui encore…

Non, Philippe Van Parijs est un lettré qui sait fort bien d’où vient l’idée d’allocation universelle, cette utopie née lors de la Révolution française. Même s’il occulte totalement l’apport d’Alexandre Marc et des personnalistes intégraux de France au cours de l’entre-deux guerres, la conférence qu’il a donnée à Montpellier au début de l’année – et qui est visible intégralement sur Youtube dans le coin « Agora des savoirs » – montre bien l’immense actualité de cette idée à l’heure où le système de la solidarité fondée sur le travail arrive à ses limites et où les réflexes égoïstes redeviennent une règle potentiellement mortifère.

Le problème avec Philippe Van Parijs, c’est qu’il est travaillé par une autre utopie, nettement contestable celle-ci. Dans son entretien avec Guy Duplat comme à Montpellier, il rompt une nouvelle lance, en effet, en faveur de l’établissement de l’anglais comme lingua franca, comme langue commune au sein de l’Union européenne. C’est, assène-t-il, une « condition indispensable pour créer un démos européen ». Comment un homme aussi intelligent peut-il soutenir une thèse pareille ?

Il convient d’abord de lui signaler que son idée pourrait presque apparaître pittoresque aujourd’hui, alors que les possibilités de voir les Britanniques quitter le navire européen grandissent. Il resterait bien sûr les Irlandais – et peut-être, un jour ou l’autre, les Ecossais – mais rien, vraiment rien, au strict plan européen, ne justifierait que leur idiome soit davantage privilégié que le croate, le basque ou le… néerlandais !

Il faut ensuite lui rappeler un fait d’histoire. Eté 1952 : la Haute Autorité – la Commission d’aujourd’hui – de la première Communauté européenne, celle du charbon et de l’acier, s’installe à Luxembourg. Son vice-président belge, Albert Coppé, un flamand de Bruges – mais c’était un temps où l’élite de la partie nord de ce pays parlait parfois beaucoup mieux le français que certains francophones d’aujourd’hui… – adresse sa première note au président Monnet en néerlandais. Il revendique ainsi d’emblée que le néerlandais devienne, tout comme l’italien, une langue officielle de la Communauté. Son combat n’a pas été vain : sans doute lui doit-on peu ou prou, aujourd’hui, le fait que toutes les langues nationales des Vingt-huit soient reconnues comme langues officielles de l’Union. Ce n’est pas anodin car c’est ce qui différencie radicalement l’Union européenne des organisations internationales. Dans l’Union, un citoyen slovène peut s’adresser à une institution européenne dans sa langue, et il lui sera obligatoirement répondu dans sa langue ! Ce n’est pas le cas dans les organisations internationales classiques, par exemple aux Nations Unies où seules six langues officielles prévalent. Donc, la citoyenneté européenne est sexuée linguistiquement ; suivre Van Parijs reviendrait à l’émasculer !

Dans l’Union des Vingt-huit, l’anglais est la lingua franca des élites politico-administratives. C’est par ce biais linguistique que cette élite a « appris » à se parler – se comprendre, c’est autre chose. Dont acte. Mais les citoyens ne sont pas fatalement les élites et n’ont pas tous vocation à le devenir. L’objectif de Jean Monnet, Van Parijs devrait s’en souvenir, n’était pas de coaliser des Etats, mais bien d’unir des peuples. Or, on n’attrape pas plus des mouches avec du vinaigre, la sagesse populaire le dit, qu’on n’attrapera les citoyens avec le seul anglais qui, que Van Parijs le veuille ou non, reste un corps étranger dans la culture de beaucoup de citoyens européens. A vouloir aveuglément l’imposer, les institutions, Commission en tête, ne commettent pas seulement une erreur coupable par rapport aux visées humanistes du projet européen, elles commettent une faute ! Van Parijs aussi.

Mais s’agit-il vraiment d’une erreur coupable et/ou d’une faute ? Ne s’agit-il pas plutôt du fruit d’un complot, en tout cas d’une stratégie mûrement réfléchie dans le monde anglo-saxon ? Ainsi, certains veulent que président américain Eisenhower aurait, dans les années 1950, voulu que la suprématie politico-économique des Etats-Unis dans le monde soit consolidée par une offensive culturelle et, partant, linguistique afin de devenir durable. Stratégie incontestablement payante : la culture hollywoodienne triomphe sur tous nos écrans et jusque dans certaines assiettes, grâce à la McDonaldisation. De la sorte, la culture américaine a fait le lit du triomphe de l’anglais dans le monde de l’économie, de la finance, des multinationales et, même, des sciences. Aujourd’hui, un universitaire qui ne publie pas en anglais est voué à l’anonymat, hormis rares exceptions.

Revenons à l’histoire. Université de Harvard, le 6 septembre 1943. Ce jour-là, Winston Churchill reçoit un diplôme d’honneur et prononce un discours. Que dit-il ? Que l’anglais, cette langue commune qui a été donnée aux Britanniques et aux Américains, est « un héritage commun sans prix » et qu’il se pourrait bien que cette langue « devienne un jour la base d’une cité commune ». Simple propos de circonstance ? Non, véritable projet politique : « Je ne vois pas, ajoute Churchill, pourquoi nous ne tenterions pas d’étendre notre langue plus loin encore à travers le monde, ni pourquoi, sans chercher des avantages égoïstes sur autrui, nous ne profiterions pas de cette précieuse amitié et de cet héritage ». On est là dans le registre d’une « qualité » reconnue bien volontiers aux Anglais, la perfidie, puisque Churchill ajoute aussitôt qu’Américains et Britanniques devraient étendre l’usage de l’anglais afin qu’ils puissent, lors de leurs voyages dans le monde, « trouver partout un moyen, aussi primitif soit-il, d’expression et d’entente », ce qui, pour le Premier ministre britannique de l’époque, permettrait aussi de « profiter à bien d’autres races et favoriser le développement d’une structure nouvelle pour le maintien de la paix ». Et Winston Churchill de conclure que « de tels projets assurent des conquêtes plus heureuses que celles que moissonnent les voleurs de territoires ou de pays étrangers, les oppresseurs et les exploiteurs », le tout étant ponctué par un vibrant : « Les empires de l’avenir sont des empires de l’esprit » !

 

Alors, la question s’impose : l’Europe n’est-elle pas devenue, victime consentante ou, à tout le moins, coupablement ignorante, une partie de cet « empire de l’esprit » ? Et Philippe Van Parijs, qui dirige la Chaire Hoover à l’Université catholique de Louvain, n’est-il pas un… agent contemporain zélé de ce conditionnement de l’Europe et du monde ? Est-il, à ce titre, l’un de ceux chargés de concrétiser la « prophétie » d’un proche conseiller de Tony Blair, Charles Grant, qui avait annoncé au début des années 2000 dans un opuscule intitulé « L’avenir de l’UE : une vision optimiste », le triomphe absolu de la langue anglaise au sein du monde des institutions européennes et assuré que celle-ci serait très vite reconnue langue unique de travail et de communication de l’Union ?

Peut-il y avoir de fumée sans feu ? Peut-être. Que Van Parijs se souvienne toutefois qu’aux assises, des prévenus se voient parfois condamnés sur la base d’un faisceau de présomptions…

Michel Theys

(*) La Libre Belgique du samedi 3 et dimanche 4 octobre 2015, pp. 58/59.

 

Bruxelles outragée !

Qui ne se souvient de cette tirade du général de Gaulle, le 25 août 1944, à l’hôtel de ville de Paris quelques heures après la Libération ? Rappelez-vous, il y parlait de « Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé » …

Il en va aujourd’hui de même pour Bruxelles, ville et région aujourd’hui « outragée, brisée, martyrisée » sur le plan linguistique. Au fil de ce numéro de 4 Millions 7, vous trouverez des photos montrant combien certains défigurent de nos jours notre métropole francophone et la sacrifient sur l’autel du mercantilisme bâtard et mâtiné de volapuk !

 

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Editorial de septembre 2015 et 4M7 de mai 2015

1. Editorial de septembre 2015

L’assemblée générale de la Ligue francophone et wallonne de la région de Bruxelles (LFWRB) de juin dernier a été un réel succès. Le conseil d’administration s’est étoffé de nouveaux membres, les comptes – très bien tenus par notre trésorière Françoise Hector – ont été approuvés à l’unanimité des membres présents et représentés. Il en a été de même pour le rapport d’activités et le budget du nouvel exercice. En bref, l’ensemble des dispositions à prendre ont fait l’objet d’un consensus.

Les échanges de vues qui ont suivi la partie légale et statutaire de la réunion ont porté essentiellement non pas sur l’actualité immédiate mais sur des situations qui perdurent sans pour autant être dénoncées par les Francophones. Sans être exhaustifs, citons à titre d’exemples les accords entre l’UCL et la KUL au détriment de Charleroi, les déséquilibres linguistiques à l’armée et dans les greffes et tribunaux, l’enseignement par immersion et la présence de l’anglais dans divers services régionaux bruxellois, et en particulier à la STIB. Le président de Wallonie Libre, nous ayant honoré de sa présence, a exposé ses ambitions pour ce mouvement qui souhaite une ligne de conduite pour les Wallons. Notre Ligue entend bien lui apporter sa pleine collaboration.

La défense des Wallons et de l’ensemble des Francophones reste plus que jamais d’actualité. En effet, ce n’est pas parce que le mouvement flamand se fait discret par les temps qui courent qu’il n’agit pas de façon sournoise. La période actuelle n’est rien d’autre que le calme avant la tempête. Personne ne peut plus ignorer que ledit mouvement n’arrêtera ses manoeuvres qu’une fois obtenue l’indépendance de la Flandre, avec Bruxelles comme capitale ! Pour le tenir en échec, la solidarité entre nos deux Régions est plus que jamais nécessaire.

Dans divers milieux, la septième réforme de l’Etat est de plus en plus évoquée. Il importera de veiller à ce que, à l’occasion de celle-ci, des matières aussi importantes que la culture et l’enseignement ne soient pas scindées et transférées aux Régions. Il n’en résulterait qu’un éloignement de celles-ci, accompagné d’une tragique rupture de solidarité. La Ligue ne manquera pas de dénoncer avec la virulence qui s’impose toutes velléités à cet égard. Nos deux Régions ont besoin l’une de l’autre comme les humains de pain et d’eau !

Rappelons aussi que toute régionalisation des matières précitées nécessiterait l’accord du monde politique flamand, lequel ne manquerait pas d’exiger des contreparties car en politique, tout se paie. La conséquence la plus prévisible d’une telle décision serait la généralisation forcée de l’enseignement bilingue à Bruxelles en vue d’une flamandisation progressive des jeunes générations. Si l’on se réfère au message repris dans l’excellent article de notre ami Jean-François Goosse « Francophonie et latinité » que vous trouverez dans ce numéro, leur avenir est ailleurs.

Comme cela a été souligné lors de l’assemblée générale du mois de juin, nous vous rappelons que les colonnes de 4 Millions 7 vous sont ouvertes et que ce journal est un lieu de débats et d’échanges d’idées. Si le conseil d’administration s’est récemment renforcé, celui-ci reste bien entendu ouvert à toutes les bonnes volontés désireuses de le rejoindre. Elles seront toujours les bienvenues !

Jean-Luc ROBERT

 

2. 4M7 de mai 2015

 

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